
Un championnat de France, ça ne s’oublie pas
Quatrième participation consécutive au championnat de France UNSS en Laser Run – catégorie Lycée sport partagé, pour le lycée professionnel de l’Acheuléen d’Amiens.
On pourrait croire à une habitude. Presque une routine.
Et pourtant… non.
Même après un titre de champion de France en 2025 et une médaille de bronze en 2024, même en pensant avoir « déjà prouvé », un championnat de France reste un moment à part dans une vie d’élève. Un moment qu’on ne banalise jamais.
Petit rappel : le Laser Run UNSS se dispute en équipe de 4. Chaque athlète enchaîne tir / 400 m / tir / 400 m, avec l’objectif d’allumer 5 diodes en moins de 50 secondes à chaque passage. En sport partagé, au moins deux élèves doivent disposer d’un dossier MDPH. Un sport exigeant, complet… et émotionnellement intense.
😞 Le coup dur
Retour en février.
Lors du championnat académique, l’équipe se qualifie pour le championnat de France. Joie immédiate… vite remplacée par un coup de massue : la compétition est décalée d’une semaine.
Problème majeur : une athlète et la jeune officielle sont déjà engagées sur un séjour ski.
Une année de préparation remise en question.
Le doute s’installe. La déception est palpable au sein du groupe : Théo, Lisa-Marie et Hugo accusent le coup.
🌱 L’espoir renaît
Puis, une main se tend.
Anaëlle accepte de rejoindre l’équipe. Une bouffée d’oxygène. Elle est coureuse, mais découvre le tir. Un défi immense : un mois pour atteindre un niveau national.
Dans le même temps, Aïdan valide son niveau académique en tant que jeune arbitre. Lui aussi sera de l’aventure.
L’équipe est sauvée. L’histoire peut continuer.
💪 La persévérance
Commence alors une véritable course contre la montre.
Deux à trois entraînements par semaine.
Répétitions, réglages, fatigue… mais détermination totale.
Anaëlle apprend, progresse, doute, recommence.
Le collectif se resserre.
En un mois, ils se donnent le droit d’y croire.
😰 Le doute
Mercredi 25 mars. Direction Sens.
Une inconnue majeure : l’équipe n’a jamais couru ensemble en compétition.
Les champions en titre, Théo et Lisa-Marie, prennent naturellement un rôle de leaders pour rassurer Hugo et surtout Anaëlle, encore en quête de certitudes au tir.
Découverte des lieux. Du pas de tir. De l’ambiance.
Le stress monte.
😬 La première course : entre tension et apprentissage
Jeudi matin.
Derniers réglages… dans le couloir de l’hôtel.
À l’abri des regards.
Première course en binôme.
Anaëlle découvre la pression du haut niveau. Submergée par l’enjeu, elle perd momentanément ses repères. La peur de mal faire, de décevoir. Les émotions prennent le dessus — une réaction humaine face à un moment si intense.
Mais elle est immédiatement entourée, rassurée par ses coéquipiers et ses enseignants, Mme BUQUET et M. DESMARIS.
Résultat : 2e sur 9 équipes.
Une performance solide en course, mais un tir en dessous de leurs standards.
Et surtout… une marge de progression énorme.
Devant, l’équipe du lycée Pierre de Coubertin de Meaux, vice-championne de France en 2025, impressionne : 2 minutes d’avance.
🔥 La révolte
Jeudi après-midi.
Place aux courses individuelles.
Un nouveau sentiment s’installe : la revanche.
L’envie de faire mieux. De se prouver quelque chose.
Objectif simple : améliorer son propre temps.
Mission accomplie.
Tous progressent au tir.
Gain total : 1 minute 40.
L’écart avec Meaux fond : plus que 30 secondes.
Les sourires reviennent.
La confiance aussi.
Anaëlle, malgré une douleur à la cheville, trouve le déclic au tir. Elle s’accroche, dépasse ses doutes.
L’équipe redevient ambitieuse.
⚔️ La finale : détermination et solidarité
Vendredi. Jour de finale.
Ambiance détendue au petit-déjeuner… mais détermination maximale.
Théo s’élance avec 5 secondes de retard sur Meaux, suite à la 2ème place de la veille.
Dès le premier tir, il est expéditif : 8 secondes ! Il récidive à son second passage sur la pas de tir : 12 secondes ! Exceptionnel !
Pression sur les leaders.
Anaëlle prend le relais en tête. Sérieuse, appliquée.
Au second tir, la concurrence revient. Elle doute… puis se reconcentre. Elle ne lâche rien.
Lisa-Marie poursuit avec maîtrise. Comme souvent, elle élève son niveau en finale.
Hugo conclut. Première finale, sang-froid remarquable.
Dernier tour… accompagné par Théo.
Parce que le sport partagé, c’est ça aussi : courir ensemble pour aller plus loin.
Ils franchissent la ligne à la 2e place.
😄 La joie
À l’arrivée : aucune déception.
Seulement des sourires. Des embrassades.
Une médaille presque inespérée un mois plus tôt.
Respect immense pour l’équipe de Meaux, solide championne de France.
🏅 Les récompenses
Mention spéciale à Aïdan, l’homme de l’ombre, toujours engagé, qui décroche sa certification nationale de jeune arbitre. Une reconnaissance méritée pour son sérieux et son investissement.
Puis vient le podium.
Le moment où tout devient réel.
- Une première médaille pour Hugo et Anaëlle — et sûrement pas la dernière
- Une deuxième pour Théo, après l’or en 2025
- Une troisième en trois participations pour Lisa-Marie, qui complète sa collection (bronze, or, argent)
🥈 Pas de doublé… mais une victoire autrement
Il n’y aura pas de « back-to-back ».
Mais parfois, l’argent a une saveur particulière.
Celle du combat. Celle du dépassement. Celle de l’imprévu.
Une médaille d’argent… qui vaut de l’or.
💫 Un championnat de France, c’est à part
En trois jours, tout s’accélère.
Les émotions sont décuplées.
On doute, on espère, on lutte, on réussit.
On apprend à se connaître.
À se faire confiance.
À se dépasser pour les autres autant que pour soi.
Sportivement, humainement, ces moments marquent.
Ils construisent bien plus que des résultats.
🙏 Gratitude
Un immense merci aux Kiwanis, fidèles soutiens depuis plusieurs années.
Sans eux, ces expériences uniques, ces souvenirs, ces réussites… ne seraient tout simplement pas possibles.
Jonathan DESMARIS
Professeur d’EPS